Psychothérapie pratiquée par des psychologues : la nouvelle réglementation a fait ses preuves
Berne, 24.06.2026 — La nouvelle réglementation de la psychothérapie pratiquée par des psychologues s’est bien implantée. Les patients et les professionnels considèrent que le changement de système, du modèle de la délégation à celui de la prescription, est réussi. On estime que l’accès à la psychothérapie pratiquée par des psychologues s’est globalement amélioré. En parallèle, les coûts à la charge de l’assurance de base ont augmenté de 528 à 922 millions de francs durant les trois premières années. Ce constat est tiré d’une évaluation de l’Office fédéral de la santé publique, dont le Conseil fédéral a pris connaissance lors de sa séance du 24 juin 2026. Compte tenu de la hausse des coûts à la charge de l’assurance de base, le Conseil fédéral veut poursuivre le monitorage des coûts. Il souhaite en outre analyser en détail l’évolution de la situation en matière de soins.
Depuis le 1er juillet 2022, les psychologues-psychothérapeutes peuvent fournir de manière autonome des prestations ambulatoires sur prescription médicale et les facturer à la charge de l’assurance obligatoire des soins (AOS ; modèle de la prescription). Auparavant, leurs prestations étaient remboursées lorsqu’ils exerçaient sous la surveillance d’un médecin (modèle de la délégation). Lorsqu’ils travaillaient de manière indépendante, les assurances complémentaires prenaient en charge leurs prestations, ou les patients les payaient de leur propre poche. Ce changement a été mis en œuvre afin d’améliorer l’accès à la psychothérapie et de garantir la qualité des prestations.
Analyse des effets à large spectre
Afin de suivre ce changement de système et ses répercussions, le Conseil fédéral a prévu de procéder à des enquêtes : un monitorage des coûts, mené annuellement depuis 2024, et une évaluation réalisée en 2025 pour observer la mise en œuvre en cours et recenser les premiers impacts sur les acteurs et les soins. Cette évaluation se fonde sur des sondages menés auprès de patients et de professionnels issus de la psychothérapie, de la psychiatrie, de la médecine de famille et de la pédiatrie.
Ancrage du modèle de la prescription
L’évaluation montre que la plupart des personnes concernées jugent que le changement de système est une réussite. La pratique de la prescription s’est établie et fonctionne plutôt bien. L’accès à la psychothérapie pratiquée par des psychologues s’est plutôt amélioré. En effet, le nombre de psychothérapeutes admis à pratiquer à la charge de l’AOS a nettement augmenté. Malgré une densification de l’offre de soins à la charge de l’AOS, de longs délais d’attente subsistent, particulièrement pour les enfants et les adolescents et pour les régions rurales. D’autres facteurs influent sur la situation, comme le manque de médecins spécialistes ou l’augmentation du recours aux prestations psychothérapeutiques.
Causes de la hausse des coûts
Les coûts de la psychothérapie pratiquée par des psychologues à la charge de l’AOS ont augmenté, passant de 528 millions de francs en 2021 à 922 millions de francs en 2024. Cette hausse s’explique par plusieurs causes. Environ un tiers (30 %) peut être attribué à des tarifs plus élevés. Près de 25 % s’expliquent par la tendance à long terme, préexistante, du recours accru aux prestations psychothérapeutiques et par la croissance démographique. Enfin, près de 45 % sont imputables à d’autres facteurs non observables directement, comme le transfert vers l’AOS de prestations financées jusque-là par les patients eux-mêmes ou par les assurances complémentaires.
Des potentiels d’amélioration
Toutefois, le rapport d’évaluation montre également les potentiels d’amélioration identifiés par les acteurs, par exemple s’agissant d’organiser les garanties de prise en charge des coûts et les évaluations psychiatriques de cas pour les traitements de longue durée, ou d’utiliser le modèle de la prescription pour les soins psychiatriques ambulatoires. Au regard des coûts supplémentaires élevés, le Conseil fédéral entend continuer à observer l’évolution des coûts et poursuivre leur monitorage annuel.
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